Le biodéchet : bien plus qu’une nourriture pour les sols, il nourrit les économies locales et les liens entre acteurs
Dans le Périgord, la micro-plateforme de St Antoine du Breuilh, sert de vitrine pour le territoire.
Depuis plus de 30 ans, AgroBio Périgord regroupe les agriculteurs et tous les acteurs engagés dans le développement d’une agriculture biologique cohérente, durable et solidaire en Dordogne.
Florian BASSINI et Zélie Kalff sont chargés, au sein de AgroBio Périgord de suivre le déploiement du projet Agribiocompost mené par la FNAB. Le Réseau Compost In Situ y apporte son expertise en tant que spécialiste de solutions de compostage à l’échelle d’un EPCI ou d’un territoire plus important.
Quels en sont les objectifs ?
Le premier objectif du projet Agribiocompost décliné en Dordogne est de développer la prise de conscience chez les agriculteurs des ressources locales présentes sur leur territoire et utiles pour amender leur champ. AgroBio Périgord organise pour cela des journées techniques, d'accompagnements individuels, de formations et de création de contenus techniques. Qu’ils s’agissent de déchets verts, de résidus alimentaires, de fumiers d’animaux… tous ont une utilité pour les terres. Parmi les composts (car il n’y a pas un compost mais des composts !), celui issu des résidus alimentaires apporte un taux de matière organique très intéressant pour les terres. En effet, nous manquons terriblement de matières organiques (bien souvent en dessous de 1.5%) quand l'association 4pour1000 estime qu’il en faudrait 4%.
Le deuxième objectif est d’expérimenter des solutions viables en créant la coopération entre acteurs. Les collectivités territoriales, les syndicats de traitement de déchets, les structures de collecte et de valorisation de la matière, les agriculteurs eux-mêmes… sont impliqués dans cette coopération.
Quelles sont les actions développées par AgroBio Périgord ?
Parmi celles-ci, une formation à destination des collectivités, syndicats de déchets, associations locales et autres acteurs du territoire qui souhaitent mettre en place une filière de traitement et valorisation de biodéchets. Lors de cette journée technique, pour rendre concret les apports théoriques et pour donner un exemple de modèle de fonctionnement, il y a eu la visite de la plateforme à St Antoine du Breuilh.
L'exemple de la micro-plateforme de compostage de St Antoine du Breuilh
La SCIC Au Ras Du Sol exploite cette micro-plateforme de compostage depuis décembre 2025. Elle collecte des résidus alimentaires de cantines scolaires et de centres médico-sociaux. Une fois convertie, la matière retourne au sol au bout de 3 mois.
Un terrain d’environ 2 500 m2 a été mis à disposition par l’agriculteur Raphaël Pénisson qui va utiliser cette ressource pour amender ses champs. Une convention de 10 ans a été signée entre SCIC Au Ras Du Sol et Raphaël Pénisson. Cela permet un bénéfice mutuel et de proposer des perspectives pour le territoire.
Cette plateforme, déjà très fonctionnelle, sert donc aussi de vitrine pour le territoire. D'autres sites devraient se monter. Ici la collaboration entre acteurs d’un même territoire y est essentielle… Bien plus qu'une ressource pour amender les sols, le compost nourrit les économies locales.
Comme le souligne Raphaël Pénisson « disposer de cette matière est une vraie richesse » et porteur de stabilité dans une activité agricole qui en a bien besoin. Que le biodéchet devienne un sujet agricole est un vrai pont pour les territoires ! . Cela nourrit des économies locales, crée des emplois, et permettra plus de connaissances entre les acteurs. ».